L'article en 30 secondes :
• Un trou dans les cheveux chez la femme peut cacher des causes variées : pelade auto-immune, alopécie androgénétique, effluvium télogène ou alopécie de traction.
• L'article propose 5 questions clés pour aider à identifier la cause et comprendre le cycle du cheveu.
• Une consultation dermatologique est essentielle pour un diagnostic précis (bilan, trichoscopie) et une prise en charge adaptée (minoxidil, antiandrogènes, PRP, etc.).
• La précocité du diagnostic et du traitement est cruciale pour le pronostic et la repousse capillaire.
Trou dans les cheveux chez la femme : comprendre, identifier et agir face à une zone clairsemée
Découvrir un trou dans les cheveux au moment de se coiffer est une expérience souvent déstabilisante et vécue comme un véritable choc. Soudainement, une zone du cuir chevelu apparaît totalement dégarnie, présentant parfois une peau parfaitement lisse, comparable à une « peau de bébé ». Face à cela, la première question qui nous vient à l'esprit est toujours la même : « Est-ce grave ? Mes cheveux vont-ils finir par repousser ? ». En réalité, derrière cette perte localisée se cachent plusieurs affections médicales très distinctes, qui se différencient par leurs causes profondes, leurs méthodes de traitement et leurs chances de guérison.
Comprendre le cycle du cheveu
Pour comprendre ce phénomène, il faut savoir que chaque follicule pileux (la petite usine sous la peau qui fabrique le cheveu) traverse un cycle de vie en trois phases : la phase anagène, qui correspond à la période de croissance active durant 2 à 6 ans ; la phase catagène, une courte période de transition de 2 à 3 semaines où le cheveu s'arrête de pousser ; et enfin la phase télogène, une phase de repos qui dure environ 3 mois et se termine par la chute naturelle du cheveu. S'il est tout à fait normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour, l'apparition d'un trou localisé indique que ce cycle de renouvellement a été perturbé, soit de manière très ciblée, soit de façon plus globale.
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Auto-évaluation : 5 questions clés
• Forme de la zone : l'apparition d'une plaque bien ronde et parfaitement lisse oriente généralement vers une pelade (une réaction auto-immune). À l'inverse, si vous constatez un élargissement progressif de votre raie centrale, il s'agit plutôt d'une alopécie androgénétique, tandis qu'un recul des cheveux sur le front ou sur les tempes fait penser à une alopécie de traction, liée à des coiffures trop serrées .
• Vitesse d'apparition : une perte de cheveux soudaine et rapide évoque une pelade. Si la baisse de densité s'installe très lentement sur plusieurs années, on s'orientera vers une cause androgénétique. Enfin, si le trou apparaît brusquement de 2 à 5 mois après un événement marquant ou un choc, cela correspond à un effluvium télogène (une chute de cheveux réactionnelle massive).
• Symptômes : si la zone s'accompagne de démangeaisons intenses, de douleurs locales ou si vous remarquez que les petits orifices des pores d'où sortent les cheveux ont complètement disparu, il peut s'agir d'une alopécie cicatricielle, qui constitue une véritable urgence de diagnostic dermatologique.
• Ongles : la présence de petites piqûres ou de reliefs à la surface des ongles, semblables à un dé à coudre, est un signe fréquemment associé à la pelade.
• Habitudes capillaires : l'utilisation régulière de coiffures tirées vers l'arrière comme les tresses serrées, les extensions lourdes ou les défrisages chimiques répétés peut agresser la racine et déclencher l'alopécie de traction.
Les quatre grandes causes
La pelade (alopecia areata)
Il s'agit d'une maladie auto-immune, ce qui désigne une situation où le système de défense de l'organisme se trompe de cible : des globules blancs spécialisés, appelés lymphocytes T CD8+, attaquent par erreur la racine des follicules pileux, provoquant la chute brutale du cheveu. Sur le plan clinique, elle se manifeste par une plaque ronde, lisse et sans aucune desquamation (pas de pellicules ni de peau qui pèle). Lors d'un examen au microscope du cuir chevelu, appelé trichoscopie, le spécialiste observe des « cheveux en point d'exclamation » (plus fins à la base qu'à la pointe) ainsi que des petits points noirs. Rassurez-vous : 34 à 50 % des personnes touchées voient leurs cheveux repousser naturellement en l'espace d'un an. Cette affection reste courante et concerne environ 2 % de la population mondiale au cours de leur vie.
L'alopécie androgénétique féminine
C'est la cause de perte de cheveux la plus fréquente chez la femme, touchant jusqu'à la moitié d'entre elles à l'âge de 80 ans, et débutant parfois dès 29 ans chez 12 % des femmes. Elle se traduit par un amincissement lent et progressif de la chevelure sur le sommet de la tête, dessinant une forme caractéristique de « sapin de Noël ». Le mécanisme biologique en cause est une sensibilité héréditaire de la racine des cheveux à la dihydrotestostérone (DHT), une hormone dérivée de la testostérone. Sous l'influence de cette hormone, on assiste à une miniaturisation folliculaire : les cycles de repousse deviennent de plus en plus courts et le follicule rétrécit, produisant des cheveux toujours plus fins, courts et clairsemés.
L'effluvium télogène
Cette chute de cheveux diffuse et impressionnante survient généralement de 2 à 5 mois après un facteur déclenchant précis, tel qu'un accouchement (le fameux post-partum), un manque de fer important, un dérèglement de la glande thyroïde (comme l'hypothyroïdie ou l'hyperthyroïdie), une infection sévère comme la COVID-19, une opération chirurgicale majeure, un stress psychologique intense, un régime alimentaire trop restrictif ou encore la prise de certains médicaments. Heureusement, le pronostic est excellent : on observe une repousse naturelle et spontanée dans les 3 à 6 mois après avoir identifié et corrigé la cause d'origine.
L'alopécie de traction
Ce problème survient à la suite d'une tension physique forte et prolongée exercée sur les racines des cheveux, souvent provoquée par des tresses très serrées, des extensions ou des lissages chimiques agressifs. Elle se localise principalement le long de la ligne du front et sur les tempes. Un signe visuel typique est le « fringe sign », qui se caractérise par la persistance d'une frange de petits cheveux plus fins sur la lisière du cuir chevelu alors que la zone située juste derrière est dégarnie. Très facile à soigner au début, cette perte peut malheureusement devenir cicatricielle et irréversible si les agressions se poursuivent, car la racine finit par être détruite et remplacée par une cicatrice.
Tableau récapitulatif
Les causes féminines souvent négligées
• Le SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques), qui s'accompagne d'une production excessive d'hormones masculines (hyperandrogénisme) perturbant la croissance des cheveux.
• La Périménopause, une période de transition hormonale marquée par une baisse naturelle de la production d'œstrogènes, des hormones qui protègent habituellement la fibre capillaire.
• Une Carence martiale (un manque de réserves de fer dans l'organisme, qui se mesure par un taux de ferritine bas dans le sang).
• Une Pathologie thyroïdienne (un dysfonctionnement de la glande thyroïde, qui ralentit ou accélère anormalement le métabolisme de tout le corps, y compris des cheveux).
• Les Alopécies cicatricielles comme le lichen plan pilaire ou l'alopécie frontale fibrosante, des maladies plus rares où le système immunitaire détruit définitivement le follicule pileux, ce qui en fait une urgence de diagnostic dermatologique.
Bilan médical
La première étape indispensable est de consulter un dermatologue, le médecin spécialiste de la peau et des cheveux. Ce dernier prescrira une prise de sang complète pour vérifier des paramètres clés : une NFS (pour détecter une éventuelle anémie), le dosage de la ferritine (les réserves de fer), de la TSH (pour évaluer le fonctionnement de la thyroïde), ainsi que les taux de vitamine D et de zinc. Un bilan hormonal pourra également être demandé s'il existe des signes d'excès d'hormones masculines. Enfin, l'examen clinique approfondi du cuir chevelu par trichoscopie (une observation de la peau au microscope de surface) est indispensable pour vérifier si le follicule est toujours vivant ou s'il s'agit d'une forme d'alopécie cicatricielle.
Que faire dans les 30 premiers jours ?
• Photographier la zone chaque semaine sous le même angle et le même éclairage pour suivre précisément l'évolution.
• Arrêter toute coiffure exerçant une traction forte ou prolongée afin de laisser respirer les follicules pileux.
• Suspendre les traitements chimiques agressifs comme les colorations, les lissages ou les décolorations répétées.
• Prendre rapidement rendez-vous avec un dermatologue pour obtenir un diagnostic médical précis.
• Consulter en urgence un spécialiste si vous constatez une rougeur cutanée, une douleur locale ou si la plaque s'agrandit de manière fulgurante.
L'impact psychologique
Perdre ses cheveux est une épreuve difficile : l'alopécie féminine a un impact profond sur la qualité de vie et est fréquemment associée à des taux significativement plus élevés d'anxiété, de détresse morale ou de baisse de l'estime de soi. Heureusement, vous n'êtes pas seule. En France, des structures comme l'association Alopécie France offrent un espace d'écoute et de partage. En complément d'un suivi psychologique, des alternatives esthétiques temporaires comme de jolis foulards, des prothèses capillaires ou la micropigmentation (le tatouage de petits points imitant la racine des cheveux) s'avèrent d'une aide précieuse au quotidien.
Traitements selon le diagnostic
• Pelade : le traitement repose principalement sur des corticostéroïdes (pour calmer l'inflammation), de l'immunothérapie de contact (qui stimule la peau pour réorienter la réaction de défense), ou encore l'usage de nouvelles molécules ciblées appelées inhibiteurs de JAK.
• Androgénétique : on privilégie l'utilisation locale de minoxidil topique (une solution pour stimuler la circulation sanguine locale), de traitements antiandrogènes (qui bloquent les hormones mâles nocives), du microneedling (micro-perforations stimulant la repousse), d'injections de PRP (plasma riche en plaquettes issu de votre propre sang pour régénérer la racine), ou encore de séances de luminothérapie LED.
• Effluvium : la prise en charge consiste simplement en la correction du facteur déclenchant (en comblant un manque de fer ou en gérant un état de stress) pour relancer naturellement la croissance.
• Traction : l'arrêt immédiat de toute traction mécanique est obligatoire, parfois associé à du minoxidil pour dynamiser les follicules, ou à une greffe de cheveux pour combler les zones devenues définitivement cicatricielles.
Conclusion : Hairdex, un accompagnement personnalisé
La découverte d'une zone dégarnie dans votre chevelure n'est jamais un événement anodin, mais elle n'est pas pour autant synonyme de perte définitive. Chez Hairdex, notre équipe médicale vous propose un parcours de soin global et sur mesure : examen précis du cuir chevelu par trichoscopie haute définition, analyses biologiques approfondies, mise en place d'un protocole de soin adapté et, si la situation le nécessite, évaluation pour une éventuelle greffe de cheveux.
FAQ
Un trou est-il toujours signe d'alopécie définitive ?
Absolument pas. Des affections comme la pelade, une perte par traction prise à temps ou un effluvium télogène réactionnel permettent une repousse complète des cheveux une fois la cause traitée.
Les cheveux peuvent-ils repousser ?
Oui, dans la très grande majorité des cas, tant que le cuir chevelu n'a pas été abîmé en profondeur et qu'il ne s'agit pas d'une alopécie cicatricielle.
En combien de temps une pelade repousse-t-elle ?
Dans la plupart des cas, les premiers signes de repousse apparaissent généralement dans un délai de 3 à 6 mois après le début du traitement ou la résolution de l'épisode.
Quand consulter en urgence ?
Il est recommandé de consulter rapidement un médecin dès que vous observez des signes d'inflammation locale, comme une rougeur persistante, une sensation douloureuse ou si vous constatez une disparition complète des petits pores de la peau de votre cuir chevelu.






