Pertes de cheveux : causes principales et solutions

Alopécie androgénétique : cause n°1, jusqu'à 50% des hommes et plus de 50% des femmes ménopausées touchés, héritabilité ~80%.

Effluvium télogène : chute diffuse 2 à 3 mois après un stress, une fièvre, un accouchement ou une carence en fer.

Causes hormonales : SOPK, dysthyroïdie, ménopause, à dépister systématiquement chez la femme.

Consulter un dermatologue si la chute dépasse 100 cheveux/jour pendant plus de 2 mois.

Homme de 40 ans songeur examinant sa ligne de cheveux dans un miroir, illustrant les causes possibles d'une perte de cheveux.

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En résumé :

Alopécie androgénétique : cause n°1, jusqu'à 50% des hommes et plus de 50% des femmes ménopausées touchés, héritabilité ~80%.

Effluvium télogène : chute diffuse 2 à 3 mois après un stress, une fièvre, un accouchement ou une carence en fer.

Causes hormonales : SOPK, dysthyroïdie, ménopause, à dépister systématiquement chez la femme.

Consulter un dermatologue si la chute dépasse 100 cheveux/jour pendant plus de 2 mois.

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Pertes de Cheveux : Causes, Mécanismes et Quand Consulter

Perdre ses cheveux touche, à un moment ou un autre, la majorité de la population adulte. Derrière le terme générique de chute de cheveux se cachent des réalités cliniques radicalement différentes. Comprendre la cause exacte est la première étape indispensable pour adopter la bonne stratégie thérapeutique.

Le cycle pilaire normal

Chaque follicule suit un cycle en quatre phases : anagène (croissance, 2 à 7 ans, 85-90% des cheveux), catagène (régression, 2-3 semaines), télogène (repos, ~3 mois), exogène (chute). Perdre 50 à 100 cheveux par jour est strictement normal.

Vidéo explicative : Hairdex : qu'est-ce que c'est ?

L'alopécie androgénétique (AAG)

L'AAG est la cause la plus fréquente. Près de 50% des hommes sont touchés à 50 ans, et plus de 50% des femmes ménopausées. L'héritabilité atteint ~80%, avec plus de 70 loci génétiques identifiés.

Mécanisme : la dihydrotestostérone (DHT), dérivée de la testostérone par la 5-alpha-réductase, se lie aux récepteurs androgéniques folliculaires, raccourcit la phase anagène et provoque une miniaturisation progressive du follicule. Une micro-inflammation et une fibrose finissent par verrouiller le processus.

Chez l'homme : recul fronto-temporal et vertex (Hamilton-Norwood). Chez la femme : raréfaction diffuse du sommet avec préservation de la lisière frontale (Ludwig). La majorité des femmes atteintes ont des androgènes normaux.

L'effluvium télogène

Chute diffuse non cicatricielle survenant 2 à 3 mois après un déclencheur : fièvre élevée, stress majeur, post-partum, chirurgie, perte de poids brutale, médicaments (rétinoïdes, antithyroïdiens, bêta-bloquants, anticoagulants). Le stress chronique active l'axe HPA (cortisol, substance P) et pousse les follicules en télogène prématurée.

La carence en fer est un cofacteur majeur : viser une ferritine > 50 µg/L. Pronostic généralement favorable, avec résolution spontanée en 3 à 6 mois après suppression du déclencheur.

Causes hormonales chez la femme

SOPK : AAG retrouvée chez 42,5% des patientes.

Dysthyroïdie : hypo comme hyperthyroïdie provoquent une chute diffuse. Dosage TSH systématique.

Ménopause : baisse œstrogénique et dominance androgénique relative.

Bilan recommandé : NFS, ferritine, TSH, testostérone totale et libre, SHBG, DHEAS, vitamine D, zinc.

Pelade (alopécie areata)

Atteinte auto-immune touchant ~2% de la population, avec plaques rondes brutales. Effondrement du privilège immunitaire folliculaire via la voie JAK-STAT. Les inhibiteurs de JAK (baricitinib, ritlecitinib) ont révolutionné les formes sévères depuis 2022-2023.

Alopécies cicatricielles : urgence

Le lichen plan pilaire est la première cause (43%). Symptômes alertants : prurit, brûlures, érythème, disparition des orifices folliculaires. La destruction est définitive : consulter en urgence un dermatologue pour stopper l'extension.

Facteurs environnementaux

Pollution, tabac (vasoconstriction, stress oxydatif), UV et coiffages agressifs altèrent le cycle pilaire. L'effluvium post-COVID est désormais une entité reconnue, avec chute 2-3 mois après l'infection.

Matrice d'auto-évaluation

CritèreEffluvium télogèneAAGPeladeCicatricielleInstallationBrutale, 2-3 mois aprèsProgressiveBrutale, quelques joursProgressive avec symptômesRépartitionDiffuseLocalisée (golfes, vertex)Plaques rondesZones cicatriciellesSymptômesAucunAucunLégersPrurit, brûluresRéversibilitéSpontanée 3-6 moisProgressive sans TtPossibleNon, urgence

Quand consulter ?

• Chute > 100 cheveux/jour pendant plus de 2 mois.

• Plaques nettes ou raie qui s'élargit.

• Symptômes : démangeaisons, brûlures, rougeurs.

• Signes systémiques associés (fatigue, troubles menstruels).

• Impact psychologique important.

Traitements basé sur des preuves scientifiques

Étude (Année) Protocole évalué Résultats & Conclusion Clinique
Abdel (2021) SPT topique seule vs MX seul vs Combo MX + SPT Efficacité de 100 % pour le combo (vs 90% pour MX seul). Hausse de la phase anagène (croissance) et du calibrage du cheveu.
Ammar (2022) SPT topique seule vs MX seul vs Combo MX + SPT Supériorité nette du combo (100% d'amélioration) vs 65% pour MX seul et 55% pour la SPT seule. Diminution majeure des cheveux fins.
Burns (2020) Spironolactone orale
(Suivi long terme)
Stabilisation ou baisse de la chute. 64 % des patientes obtiennent leur meilleur résultat après 1 an ou plus (action progressive).
Famenini (2015) Spironolactone orale
± Minoxidil topique
Bénéfice clinique validé avec 74,3 % de stabilisation ou d'amélioration visible de l'alopécie.
Liang XL (2022) Combo MX + SPT orale
vs Minoxidil seul
+16,75 ch./cm² en densité avec le combo. 86,5 % de réussite globale contre seulement 55 % pour le Minoxidil seul.
Sinclair (2005) Spironolactone orale vs Acétate de cyprotérone Efficacité modérée et rigoureusement comparable entre les deux anti-androgènes oraux pour densifier le vertex.
Sinclair (2018) Combo SPT orale + Minoxidil oral Bénéfice durable et réduction nette de la chute quotidienne. Amélioration visible dès 3 mois, continue jusqu'à 12 mois.

Le minoxidil topique (2-5%) prolonge la phase anagène. Le finastéride oral est validé chez l'homme. Chez la femme, la spironolactone est l'anti-androgène le mieux documenté. Les inhibiteurs JAK ont transformé la pelade sévère. PRP et mésothérapie : preuves variables.

Conclusion

Identifier précisément la cause de la chute conditionne entièrement la stratégie thérapeutique. Consultation dermatologique précoce, bilan biologique ciblé et prise en charge evidence-based sont les piliers d'une démarche efficace. L'outil Hairdex reste la référence validée pour mesurer l'impact psychologique, dimension essentielle du suivi clinique.

FAQ

Est-ce normal de perdre ses cheveux ?

Oui, 50 à 100 cheveux/jour est physiologique.

À quel âge la calvitie commence-t-elle ?

Dès la post-puberté pour l'AAG masculine ; 50% des hommes à 50 ans.

Quand s'inquiéter ?

Au-delà de 100 cheveux/jour pendant 2 mois, plaques nettes ou symptômes du cuir chevelu.

Le stress provoque-t-il la chute ?

Oui, via l'axe HPA, avec chute différée de 2-3 mois.

Pourquoi la chute post-partum ?

Les œstrogènes élevés pendant la grossesse chutent brutalement après l'accouchement, précipitant les follicules en télogène synchronisée.

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