Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg

Rapport sur ce traitement. Tous les critères mesurés, et la source derrière chaque chiffre.

En bref

Chez la femme atteinte d'alopécie androgénétique, l'association minoxidil topique 2 % et spironolactone orale 100 mg n'a été évaluée que dans deux études de fiabilité limitée. En 17 semaines, elle fait significativement mieux que l'association minoxidil et finastéride oral 5 mg : 70 % des patientes (21 sur 30) sont améliorées sur photos jugées à l'aveugle, contre 33,3 % (Sadeghzadeh Bazargan 2024). En 24 semaines, le stade de l'alopécie féminine baisse de 4,1 à 3,3, un peu moins qu'avec du bicalutamide oral 50 mg à la place de la spironolactone (de 3,9 à 2,8), sans que l'écart soit testé (Jha 2024). Les arrêts pour effet indésirable restent mal cernés (preuves très faibles) : 2 femmes sur 30 dans une étude, 8 sur 60 dans l'autre.

Efficacité et résultats

5 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Où en est le cycle de pousse

1

Un cheveu alterne pousse, repos et chute. Ces critères disent où en est la chevelure dans ce cycle.

Intensité de la chute ressentieLa patiente compare ses cheveux tombés à six images, de 1 (très peu) à 6 (beaucoup). C'est la chute ressentie au quotidien, pas la densité. Mesuré en grade, plus bas est mieux, à 6 mois (24 semaines)
Femmes 18 à 50 ans
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg52 dans ce groupe · 4,9 à l'inclusion
2,4grade
À retenir Une seule mesure : 2,4 grade chez femmes 18 à 50 ans (Jha 2024, 6 mois), face à Minoxidil topique 2 % + bicalutamide oral 50 mg : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Ce qu'en disent médecins et patients

2

Des appréciations, sur photos ou de mémoire. Plus subjectives qu'un comptage, mais plus proches de ce qui se voit.

Patients améliorés sur photos, jugées à l'aveuglePart des patients dont la chevelure paraît améliorée quand des experts comparent les photos d'avant et d'après, sans savoir quel traitement chacun a reçu. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 17 semaines
Femmes
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg30 dans ce groupe
70% des patients
À retenir Une seule mesure : 70 % des patients chez femmes (Sadeghzadeh Bazargan 2024, 17 semaines), face à Minoxidil topique 2 % + finastéride oral 5 mg : l'écart est probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Patients nettement améliorésPart des patients jugés nettement améliorés, le plus haut niveau des échelles d'appréciation utilisées dans les essais. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 17 semaines. Taux calculé à partir des effectifs : Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg 8 sur 30
Femmes
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg30 dans ce groupe
26,7% des patients
À retenir Une seule mesure : 26,7 % des patients chez femmes (Sadeghzadeh Bazargan 2024, 17 semaines), face à Minoxidil topique 2 % + finastéride oral 5 mg : l'écart est probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Combien s'améliorent, stagnent ou reculent

1

La répartition des participants entre ceux qui vont mieux, ceux qui ne bougent pas et ceux qui perdent du terrain.

Patients sans aucun effetPart des participants chez qui le traitement n'a rien changé de visible. Ni gain, ni perte franche : simplement aucun effet. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 17 semaines
Femmes
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg30 dans ce groupe
6,7% des patients
À retenir Une seule mesure : 6,7 % des patients chez femmes (Sadeghzadeh Bazargan 2024, 17 semaines), face à Minoxidil topique 2 % + finastéride oral 5 mg : l'écart est probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Étendue de la zone atteinte

1

Utilisé dans la pelade, où la question est la taille de la plaque dégarnie plutôt que la densité.

Stade de l'alopécie féminineUn stade de 1 à 5 lu sur la raie au milieu : 1 est une raie normale, 5 un dégarnissement marqué du sommet. Reculer d'un stade est un vrai gain visible. Mesuré en grade, plus bas est mieux, à 6 mois (24 semaines)
Femmes 18 à 50 ans
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg52 dans ce groupe · 4,1 à l'inclusion
3,3grade
À retenir Une seule mesure : 3,3 grade chez femmes 18 à 50 ans (Jha 2024, 6 mois), face à Minoxidil topique 2 % + bicalutamide oral 50 mg : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Effets indésirables

1 critère

Proportion de patients ayant rapporté l'évènement pendant l'essai.

Tolérance d'ensemble

1

Combien de participants ont signalé un effet quel qu'il soit, et combien ont arrêté à cause de lui.

Patients ayant arrêté le traitementPart des patients qui ont arrêté le traitement pendant l'essai à cause d'un effet indésirable. Plus elle est basse, mieux le traitement est supporté. Mesuré en %, plus bas est mieux. irregularites menstruelles ayant conduit a l'arret. Taux calculé à partir des effectifs : Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg 2 sur 30, Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg 8 sur 60
2 mesures, essais différents
Sadeghzadeh Bazargan 2024Jha 2024
6,713,3Sadeghzadeh Bazargan2024Jha2024
À 17 semainesSadeghzadeh Bazargan 2024Femmes
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg30 dans ce groupe
6,7% des patients
À 6 mois (24 semaines)Jha 2024Femmes 18 à 50 ans
Minoxidil topique 2 % + spironolactone orale 100 mg60 dans ce groupe
13,3% des patients
À retenir Mesuré 2 fois dans 2 essais, de 17 semaines à 6 mois. Le résultat le plus favorable : 6,7 % des patients (Sadeghzadeh Bazargan 2024, 17 semaines) ; le moins favorable : 13,3 % des patients (Jha 2024, 6 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 0 mesure sur 2 (non testé dans 2). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.

FAQ

1 question

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Arrête-t-on souvent l'association minoxidil 2 % et spironolactone à cause d'un effet indésirable ?
Preuves très faiblesRésultats concordants2 essais, 180 participants

Sous minoxidil 2 % associé à la spironolactone 100 mg, 2 femmes sur 30 arrêtent pour un effet indésirable en 17 semaines (Sadeghzadeh Bazargan 2024), et 8 sur 60 en 24 semaines, contre 2 sur 60 quand le minoxidil est associé au bicalutamide 50 mg (Jha 2024).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé pour l'essai, bas pour la cohorte, tous deux à risque de biais élevé. Dégradé jusqu'à très faible : risque de biais et quelques cas seulement, sans placebo.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Femmes de 18 à 50 ans atteintes d'alopécie androgénétique. Suivi de quatre à six mois.

Comparé directement à

Traitements testés contre celui-ci dans un même essai, sur les mêmes patients.

Qualité des études mobilisées2 essais

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Sadeghzadeh Bazargan 2024 · Journal of Cosmetic Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 60 participants

PubMedDOI 10.1111/jocd.15979

Fiabilité limitéeFemmes

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Essai randomise, evaluateur et statisticien en aveugle, patient non. 60 femmes, quatre mois, enregistre (IRCT20211210053343N1). UN POURCENTAGE FAUX REPRIS DANS LE RESUME : « excellent chez 8 (56,7 %) » dans le bras spironolactone. Huit sur trente font 26,7 % ; et si c'etaient 17 patientes, les categories rapportees depasseraient l'effectif (2 plus 13 plus 17 font 32 sur 30). L'echelle du medecin compte cinq niveaux et l'article n'en rapporte que trois : 8 laisse de la place aux deux niveaux intermediaires, 17 non. On a donc retenu l'effectif de 8 et laisse le taux vide. Le resume reprend le 56,7 %, ce qui grossit d'un facteur deux l'avantage affiche de la spironolactone. DEUX EXCLUSIONS QUI DISPARAISSENT : deux patientes du bras spironolactone ont arrete pour irregularites menstruelles « et ont ete exclues », mais les tableaux continuent d'afficher 30 par bras. L'analyse n'est donc pas en intention de traiter, ou les effectifs affiches sont faux. FINASTERIDE A 5 MG CHEZ DES FEMMES, dose de l'hypertrophie prostatique, et l'article ne dit rien de la contraception exigee alors que le finasteride est contre-indique en cas de grossesse possible. POPULATION ATYPIQUE : la moitie des femmes est classee en motif masculin (Norwood-Hamilton), et l'effet differe selon le motif. Evaluation par categories d'appreciation et par photographies cliniques, sans mesure trichoscopique. Aucun conflit declare.

Jha 2024 · Australasian Journal of Dermatology
Étude de cohorte, 120 participants

PubMedDOI 10.1111/ajd.14306

Fiabilité limitéeFemmes 18 à 50 ans

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

ETUDE RETROSPECTIVE sur dossiers, pas un essai : 120 femmes ayant recu soit spironolactone 100 mg, soit bicalutamide 50 mg, toutes avec minoxidil 2 %, evaluees vers 24 semaines. Le choix du traitement n'a pas ete tire au sort et peut tenir au profil de la patiente. LA CONCLUSION DEPASSE LES RESULTATS : l'article conclut a la superiorite du bicalutamide, mais l'evaluation photographique en aveugle ne separe pas les bras, et la difference sur l'echelle de Sinclair est dite « significative » sans aucun p chiffre. Plus d'arrets pour effets indesirables sous spironolactone (8) que sous bicalutamide (2), analyse sur les seules patientes restantes. Pourcentages du tableau photographique errones (« 2 (0,03 %) » pour 2 sur 52). Seconde etude du corpus sur l'association minoxidil 2 % plus spironolactone 100 mg, apres Sadeghzadeh Bazargan 2024.

Populations étudiées2 populations

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Femmes

Femmes adultes, alopecie androgenetique a motif feminin (Ludwig) ou masculin (Norwood-Hamilton)

Journal of Cosmetic Dermatology 2024, 4 indicateurs

Femmes 18 à 50 ans

Femmes de 18 a 50 ans, alopecie a motif feminin

Australasian Journal of Dermatology 2024, 3 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.