Trétinoïne topique 0,025 %

Rapport sur ce traitement. Tous les critères mesurés, et la source derrière chaque chiffre.

En bref

La trétinoïne topique 0,025 % ne repose que sur deux études anciennes de fiabilité limitée. Dans l'alopécie androgénétique, une série de 56 personnes rapporte que 58 % des patients voient leurs cheveux repousser et que 16 % sont nettement améliorés, mais 42 % ne constatent aucun effet (Bazzano 1986) ; un eczéma de contact touche 2 patients sur 48. Dans la pelade totale ou universelle, aucun patient n'a vu ses cheveux repousser en 20 semaines du côté traité par trétinoïne (0 %, Ashworth 1989). Ce sont des indices très fragiles.

Efficacité et résultats

4 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Ce qu'en disent médecins et patients

2

Des appréciations, sur photos ou de mémoire. Plus subjectives qu'un comptage, mais plus proches de ce qui se voit.

Patients jugés moyennement améliorés par leur médecinPart des patients que le médecin juge moyennement améliorés, le niveau intermédiaire de son échelle d'appréciation. Mesuré en %, plus haut est mieux
Hommes et femmes 20 à 64 ans
Trétinoïne topique 0,025 %12 dans ce groupe
42% des patients
À retenir Une seule mesure : 42 % des patients chez hommes et femmes 20 à 64 ans (Bazzano 1986), face à Véhicule : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Patients nettement améliorésPart des patients jugés nettement améliorés, le plus haut niveau des échelles d'appréciation utilisées dans les essais. Mesuré en %, plus haut est mieux
Hommes et femmes 20 à 64 ans
Trétinoïne topique 0,025 %12 dans ce groupe
16% des patients
À retenir Une seule mesure : 16 % des patients chez hommes et femmes 20 à 64 ans (Bazzano 1986), face à Véhicule : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Combien s'améliorent, stagnent ou reculent

2

La répartition des participants entre ceux qui vont mieux, ceux qui ne bougent pas et ceux qui perdent du terrain.

Patients ayant vu leurs cheveux repousserPart des patients chez qui l'examen constate une repousse visible des cheveux, selon les critères propres à chaque essai. Mesuré en %, plus haut est mieux
2 mesures, essais différents
Bazzano 1986Ashworth 1989
580Bazzano1986Ashworth1989
Durée non préciséeBazzano 1986Hommes et femmes 20 à 64 ans
Trétinoïne topique 0,025 %12 dans ce groupe
58% des patients
À 20 semainesAshworth 1989Hommes et femmes, pelade
Trétinoïne topique 0,025 %17 participants
0% des patients
À retenir Mesuré 2 fois dans 2 essais, à 20 semaines. Le résultat le plus favorable : 58 % des patients (Bazzano 1986) ; le moins favorable : 0 % des patients (Ashworth 1989, 20 semaines). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 0 mesure sur 2 (non testé dans 2). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.
Patients sans aucun effetPart des participants chez qui le traitement n'a rien changé de visible. Ni gain, ni perte franche : simplement aucun effet. Mesuré en %, plus bas est mieux
Hommes et femmes 20 à 64 ans
Trétinoïne topique 0,025 %12 dans ce groupe
42% des patients
À retenir Une seule mesure : 42 % des patients chez hommes et femmes 20 à 64 ans (Bazzano 1986), face à Véhicule : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Comparé directement à

Traitements testés contre celui-ci dans un même essai, sur les mêmes patients.

Qualité des études mobilisées2 essais

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Bazzano 1986 · Journal of the American Academy of Dermatology
Série de cas, 56 participants

PubMedDOI 10.1016/s0190-9622(86)80024-x

Fiabilité limitéeHommes et femmes 20 à 64 ans

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Ce n'est pas un essai randomise, contrairement a ce que la presence d'un bras vehicule pourrait suggerer. L'article le dit lui-meme : « 56 subjects were treated in several small pilot studies conducted between 1983 and 1986 ». Il s'agit donc de series de cas regroupees apres coup, sans randomisation, sans insu, et avec des bras de tailles incomparables : 36 pour l'association, 12 pour la tretinoine seule, 5 pour le vehicule et 3 seulement pour le minoxidil 0,5 %. Avec 3 sujets, le bras minoxidil ne permet aucune conclusion ; son « 100 % sans reponse » ne vaut rien. Aucune valeur p n'est rapportee pour aucune comparaison, et aucun test statistique n'est mentionne. Autres reserves. La duree de suivi n'est pas fixe : la participation a dure en moyenne 10, 8 et 9 mois selon le groupe de reponse, et les reponses sont dites survenir « usually within 18 months ». Le point de mesure est donc laisse a null, ce qui interdit toute comparaison a date avec les autres etudes du corpus. Les seuils de reponse sont propres a l'etude et tres larges : le groupe « bonne reponse » va de 46 % a 1400 % de hausse, ce qui met dans une meme case des resultats sans commune mesure. Enfin les dosages sont ceux de 1986 : minoxidil 0,5 %, soit le dixieme du standard actuel, ce qui rend le bras minoxidil non transposable aux pratiques d'aujourd'hui. Deux sujets ont ete exclus pour sensibilite a la solution sans que l'article precise de quel bras, d'ou le sous-groupe declare sur les deux claims de tolerance.

Ashworth 1989 · Br J Dermatol
Autre type d'étude, 17 participants

PubMedDOI 10.1111/j.1365-2133.1989.tb04166.x

Fiabilité limitéeHommes et femmes, pelade

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Comparaison en demi-crane, sans randomisation decrite, chez 17 patients atteints de pelade totale ou universelle, ou la repousse spontanee est rare : dermatite allergique entretenue par diphencyprone d'un cote, dermatite irritative par tretinoine 0,025 % en gel de l'autre, 20 semaines, puis diphencyprone des deux cotes. Aucune repousse cote tretinoine ; repousse du cuir chevelu chez 2 des 12 patients traites 30 semaines par diphencyprone, une seule cosmetiquement satisfaisante. Petit effectif, cinq sorties, jugement clinique sans mesure.

Populations étudiées2 populations

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes et femmes, pelade

Patients atteints de pelade totale (8) ou universelle (9), un cote du crane par traitement

Br J Dermatol 1989, 1 indicateur

Hommes et femmes 20 à 64 ans

Sujets normotendus de 20 a 64 ans, alopecie androgenetique diagnostiquee cliniquement

Journal of the American Academy of Dermatology 1986, 4 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.