Finastéride oral 5 mg

Rapport sur ce traitement. Tous les critères mesurés, et la source derrière chaque chiffre.

En bref

Le finastéride oral 5 mg fait gagner des cheveux chez l'homme atteint d'alopécie androgénétique, avec des preuves élevées issues de trois essais randomisés, dont un à faible risque de biais : +75,6 cheveux à 24 semaines contre -32,3 sous placebo (Olsen 2006) et +93 sur un cercle de 5,1 cm² à un an (Roberts 1999). Sur photographies, les preuves sont modérées : 57 % des hommes sont améliorés contre 2 % sous placebo (Olsen 2006). Côté tolérance, ce même essai relève en 24 semaines 3 baisses de libido, 2 troubles de l'éjaculation et 1 trouble de l'érection, contre 2, 0 et 3 sous placebo, sans que ces écarts soient testés.

Efficacité et résultats

4 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Combien de cheveux

1

Le nombre de cheveux sur une surface donnée, avant et après traitement.

Cheveux gagnés sur une zone testLes cheveux gagnés dans un cercle d'un pouce de diamètre au sommet du crâne, comptés sur photographie. Le chiffre est ramené au cm² pour se lire comme une densité. Mesuré en cheveux par cm², plus haut est mieux, ramené au cm² depuis une zone de 5,1 cm²
5 mesures, essais différents
Roberts 1999Olsen 2006
+12,946 mois+18,241 an+10,223 mois+14,826 moisRoberts1999Olsen2006
À 6 mois (26 semaines)Roberts 1999mesuré au vertexHommes 18 à 36 ans
Finastéride oral 5 mg111 participants · 66 sur 5,1 cm²
+12,94cheveux par cm²
À 12 mois (52 semaines)Roberts 1999mesuré au vertexHommes 18 à 36 ans
Finastéride oral 5 mg111 participants · 93 sur 5,1 cm²
+18,24cheveux par cm²
À 24 mois (104 semaines)Brenner 1999Hommes 53 à 76 ans
Finastéride oral 5 mg14 dans ce groupeque Placebo, selon l'article, qui ne donne pas le chiffre
Mieux
À 3 mois (12 semaines)Olsen 2006Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg68 analysés sur 416 inclus · 52,1 sur 5,1 cm²
+10,22cheveux par cm²
À 6 mois (24 semaines)Olsen 2006Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg66 analysés sur 416 inclus · 75,6 sur 5,1 cm²
+14,82cheveux par cm²
À retenir Mesuré 5 fois dans 3 essais, de 3 mois à 24 mois. Le résultat le plus favorable : +18,24 cheveux par cm² (Roberts 1999, 12 mois) ; le moins favorable : +10,22 cheveux par cm² (Olsen 2006, 3 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 5 mesures sur 5. Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.

Ce qu'en disent médecins et patients

3

Des appréciations, sur photos ou de mémoire. Plus subjectives qu'un comptage, mais plus proches de ce qui se voit.

Note d'évolution, de -3 (forte perte) à +3 (forte repousse)Un évaluateur compare l'aspect de la chevelure avant et après le traitement : +3 pour une forte repousse, 0 sans changement, -3 pour une forte perte. Mesuré en points, plus haut est mieux, à 6 mois (24 semaines)
Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg70 analysés sur 416 inclus
+0,62points
À retenir Une seule mesure : +0,62 points chez hommes 21 à 45 ans (Olsen 2006, 6 mois), face à Placebo : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Patients améliorés sur photos, jugées à l'aveuglePart des patients dont la chevelure paraît améliorée quand des experts comparent les photos d'avant et d'après, sans savoir quel traitement chacun a reçu. Mesuré en %, plus haut est mieux
2 mesures, essais différents
Roberts 1999Olsen 2006
4857Roberts1999Olsen2006
À 12 mois (52 semaines)Roberts 1999mesuré au vertexHommes 18 à 36 ans
Finastéride oral 5 mg111 participants
48% des patients
À 6 mois (24 semaines)Olsen 2006Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg70 analysés sur 416 inclus
57% des patients
À retenir Mesuré 2 fois dans 2 essais, de 6 mois à 12 mois. Le résultat le plus favorable : 57 % des patients (Olsen 2006, 6 mois) ; le moins favorable : 48 % des patients (Roberts 1999, 12 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 0 mesure sur 2 (non testé dans 2). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.
Patients jugés améliorés par leur médecinPart des patients que le médecin de l'essai juge améliorés en les examinant, à la fin du traitement par rapport au début. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 12 mois (52 semaines)
Hommes 18 à 36 ansMesuré au vertex
Finastéride oral 5 mg111 participants
77% des patients
À retenir Une seule mesure : 77 % des patients chez hommes 18 à 36 ans (Roberts 1999, 12 mois), face à Placebo : l'écart est très probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Effets indésirables

4 critères

Proportion de patients ayant rapporté l'évènement pendant l'essai.

Effets sexuels

4

Ceux que les patients redoutent le plus avant de commencer un inhibiteur de la 5-alpha-réductase.

Baisse de libidoPart des patients qui signalent une baisse du désir sexuel pendant l'essai. Le chiffre du groupe placebo montre ce qui arrive sans le traitement. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 6 mois (24 semaines). decreased libido. Taux calculé à partir des effectifs : Finastéride oral 5 mg 3 sur 70
Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg70 analysés sur 416 inclus
4,3% des patients
À retenir Une seule mesure : 4,3 % des patients chez hommes 21 à 45 ans (Olsen 2006, 6 mois), face à Placebo : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Troubles de l'éjaculationMoins de sperme, éjaculation plus difficile ou moins satisfaisante. Distinct de la baisse du désir et des troubles de l'érection, et propre aux traitements qui freinent la transformation de la testostérone. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 6 mois (24 semaines). ejaculation disorders. Taux calculé à partir des effectifs : Finastéride oral 5 mg 2 sur 70
Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg70 analysés sur 416 inclus
2,9% des patients
À retenir Une seule mesure : 2,9 % des patients chez hommes 21 à 45 ans (Olsen 2006, 6 mois), face à Placebo : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Troubles de l'érectionPart des patients qui signalent des difficultés d'érection pendant l'essai. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 6 mois (24 semaines). impotence. Taux calculé à partir des effectifs : Finastéride oral 5 mg 1 sur 70
Hommes 21 à 45 ans
Finastéride oral 5 mg70 analysés sur 416 inclus
1,4% des patients
À retenir Une seule mesure : 1,4 % des patients chez hommes 21 à 45 ans (Olsen 2006, 6 mois), face à Placebo : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Troubles sexuels rapportés, toutes formesPart des patients qui signalent un trouble sexuel, quel qu'il soit : baisse du désir, troubles de l'érection ou de l'éjaculation. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 24 mois (104 semaines). dysfonction sexuelle (aucune declaree, groupes non distingues)
Hommes 53 à 76 ans
Finastéride oral 5 mg14 dans ce groupe
0% des patients
À retenir Une seule mesure : 0 % des patients chez hommes 53 à 76 ans (Brenner 1999, 24 mois), face à Placebo : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

FAQ

2 questions

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Le finastéride 5 mg, la dose utilisée pour la prostate, fait-il aussi gagner des cheveux ?
Preuves élevéesRésultats concordants3 essais, 555 participants

À 5 mg par jour, le finastéride fait aussi gagner des cheveux : +66 cheveux sur un cercle de 5,1 cm² à 26 semaines et +93 à un an (Roberts 1999) ; +52,1 à 12 semaines et +75,6 à 24 semaines, contre -26,5 et -32,3 sous placebo (Olsen 2006). Chez des hommes de 53 à 76 ans traités pour une hypertrophie bénigne de la prostate, le comptage progresse aussi plus que sous placebo à deux ans (Brenner 1999).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : trois essais randomisés en double aveugle contre placebo. Non dégradé : les deux essais chez des hommes jeunes trouvent des gains du même ordre, avec comptage sur macrophotographies et un écart très significatif ; le troisième, chez des hommes âgés traités pour la prostate, est petit et à risque de biais élevé mais va dans le même sens.

Hommes de 18 à 45 ans dans deux essais, de 53 à 76 ans dans le troisième. Ces essais comparent le 5 mg au placebo : ils ne montrent pas qu'il fasse mieux que la dose de 1 mg.

Sur photographies, le finastéride 5 mg améliore-t-il la chevelure ?
Preuves modéréesRésultats concordants2 essais, 527 participants

Sur photographies, 57 % des hommes sont améliorés sous finastéride 5 mg à 24 semaines contre 2 % sous placebo (Olsen 2006), et 48 % le sont au vertex à un an (Roberts 1999).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés en double aveugle. Dégradé d'un niveau pour imprécision : environ 70 hommes par bras dans l'essai qui donne le taux sous placebo. Les deux essais trouvent environ un homme sur deux amélioré.

Niveau abaissé pour : imprécision.

Hommes de 18 à 45 ans, calvitie du vertex. Le 5 mg est la dose de la prostate. Suivi de six mois à un an.

Comparé directement à

Traitements testés contre celui-ci dans un même essai, sur les mêmes patients.

Qualité des études mobilisées3 essais

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Roberts 1999 · Journal of the American Academy of Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 111 participants
Réserves méthodologiquesHommes 18 à 36 ans

Protocole correct, mais quelques points affaiblissent la confiance.

Le détail méthodologique

Deux essais randomisés en double aveugle, contrôlés par placebo, multicentriques. Les comptages capillaires sont réalisés en central sur macrophotographies anonymisées quant au temps, au centre, au patient et au traitement, et le panel photo est en aveugle : la mesure du critère principal est solide. Trois réserves tirent le niveau vers modéré. Les études sont entièrement financées par Merck, qui fabrique et commercialise le finastéride. L'attrition est notable (61 sur 227 dans l'étude pilote, 84 sur 466 dans l'étude de dose) avec imputation par report de la dernière valeur. Enfin l'extension à 12 mois n'avait pas de bras placebo : les comparaisons à 12 mois pour 1 mg et 0,2 mg se font contre 0,01 mg.

Financé par Merck Research Laboratories, fabricant et distributeur du finastéride.

Olsen 2006 · Journal of the American Academy of Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 416 participants

PubMedDOI 10.1016/j.jaad.2006.05.007

Étude robusteHommes 21 à 45 ans

Protocole solide, les résultats sont fiables.

Le détail méthodologique

Essai randomise EN DOUBLE INSU CONTRE PLACEBO et contre comparateur actif, 416 hommes, six bras, 24 semaines, finance et coecrit par GlaxoSmithKline, fabricant du dutasteride. Macrophotographies du cercle d'un pouce (5,07 cm2) avec point repere, comptage sur image, panel d'experts en aveugle. Effet dose du dutasteride net : -32 cheveux sous placebo, +78 a 0,1 mg, +95 a 0,5 mg, +110 a 2,5 mg, contre +76 sous finasteride 5 mg. Le dutasteride 2,5 mg est superieur au finasteride a 12 et 24 semaines. Les gains sont des variations depuis le depart, ranges avec ceux de Roberts 1999 sur le meme cercle. LA DOSE TESTEE DE FINASTERIDE EST 5 MG, pas le 1 mg prescrit pour la chute. Effectifs analyses de 50 a 68 par bras selon le temps, sur 64 a 72 randomises. Les panels et pourcentages d'ameliores n'ont pas de p individuel ici, d'ou une direction laissee indeterminee. Baisse de libido a 13 % sous 2,5 mg contre 3 a 4 % ailleurs. Les signes plus-ou-moins et moins sont mal encodes dans le PDF (« 6 » et « (cid:2) ») ; les valeurs retenues sont lues dans le texte.

Financé par GlaxoSmithKline.

Brenner 1999 · Int J Dermatol
Essai randomisé contrôlé, 28 participants

PubMedDOI 10.1046/j.1365-4362.1999.00804.x

Fiabilité limitéeHommes 53 à 76 ans

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Sous-groupe de 28 hommes (14 par bras) d'un essai multicentrique en double aveugle du finasteride 5 mg contre placebo dans l'hypertrophie benigne de la prostate, choisis pour leur alopecie ; la selection n'est pas decrite. Comptages dans un cercle d'un pouce, valeurs seulement sur figure : claim sans valeur, avec le seuil de signification du texte (difference des variations depuis le depart significative a 12, 18 et 24 mois, pas a 6 mois). Aucune plainte sexuelle rapportee. Financement non precise.

Populations étudiées3 populations

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes 21 à 45 ans

Hommes de 21 a 45 ans, alopecie androgenetique Hamilton-Norwood III vertex a V

Journal of the American Academy of Dermatology 2006, 7 indicateurs

Hommes 53 à 76 ans

Hommes de 53 a 76 ans traites pour hypertrophie benigne de la prostate, alopecie androgenetique

Int J Dermatol 1999, 2 indicateurs

Hommes 18 à 36 ans

hommes 18-36 ans, AGA du vertex modérée, Norwood-Hamilton III vertex ou IV

Journal of the American Academy of Dermatology 1999, 4 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.