Bimatoprost topique 0,03 %

Rapport sur ce traitement. Tous les critères mesurés, et la source derrière chaque chiffre.

En bref

Dans la pelade en plaques, deux petits essais (preuves faibles) montrent une repousse sous bimatoprost topique 0,03 % : 48,95 % de la surface atteinte repousse en 13 semaines, contre 22,4 % sous mométasone (Zaher 2015), essai de fiabilité limitée. Dans le second essai, la repousse est de 21,16 % de la plaque en 12 semaines, contre 46,43 % quand on y associe un laser CO2 fractionné (Meymandi 2024). Les rougeurs sont rares, mais des démangeaisons touchent 15 patients sur 20 (Meymandi 2024) ; les rechutes sont trop mal estimées pour conclure (preuves très faibles).

Efficacité et résultats

5 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Ce qu'en disent médecins et patients

1

Des appréciations, sur photos ou de mémoire. Plus subjectives qu'un comptage, mais plus proches de ce qui se voit.

Patients dont le résultat dépasse les trois quartsLa tranche la plus haute des échelles de photographie globale : un observateur qui compare les photos avant et après estime que plus des trois quarts du terrain perdu a été regagné. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 3 mois (12 semaines)
Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
0% des patients
À retenir Une seule mesure : 0 % des patients chez hommes et femmes, pelade (Meymandi 2024, 3 mois), face à Laser CO2 fractionné toutes les 2 semaines + bimatoprost 0,03 % : écart non testé. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Combien s'améliorent, stagnent ou reculent

2

La répartition des participants entre ceux qui vont mieux, ceux qui ne bougent pas et ceux qui perdent du terrain.

Patients ayant vu leurs cheveux repousserPart des patients chez qui l'examen constate une repousse visible des cheveux, selon les critères propres à chaque essai. Mesuré en %, plus haut est mieux, à 13 semaines
Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %30 dans ce groupe
83,3% des patients
À retenir Une seule mesure : 83,3 % des patients chez hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade (Zaher 2015, 13 semaines), face à Furoate de mométasone 0,1 % en crème : l'écart est probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Rechute une fois le traitement arrêtéDans la pelade, les cheveux peuvent repousser puis retomber. Ce chiffre dit quelle part des patients a rechuté pendant le suivi après la fin du traitement : un gain qui ne tient pas vaut moins qu'un gain modeste qui reste. Mesuré en %, plus bas est mieux
2 mesures, essais différents
Zaher 2015Meymandi 2024
430Zaher2015Meymandi2024
À 6 mois (26 semaines)Zaher 2015Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %25 dans ce groupe
4% des patients
À 6 mois (24 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
30% des patients
À retenir Mesuré 2 fois dans 2 essais, de 6 mois à 6 mois. Le résultat le plus favorable : 4 % des patients (Zaher 2015, 6 mois) ; le moins favorable : 30 % des patients (Meymandi 2024, 6 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 1 mesure sur 2. Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.

Étendue de la zone atteinte

2

Utilisé dans la pelade, où la question est la taille de la plaque dégarnie plutôt que la densité.

Repousse mesurée au score SALTPart de la surface dégarnie au départ qui s'est recouverte de cheveux, calculée à partir du score SALT (la part du cuir chevelu sans cheveux, de 0 à 100). 100 % signifie une repousse complète ; 50 %, que la moitié des zones dégarnies a repoussé. Mesuré en %, plus haut est mieux
3 mesures, essais différents
Zaher 2015Meymandi 2024
48,9521,163 mois16,116 moisZaher2015Meymandi2024
À 13 semainesZaher 2015Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %25 dans ce groupe
48,95%
À 3 mois (12 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
21,16%
À 6 mois (24 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
16,11%
À retenir Mesuré 3 fois dans 2 essais, de 3 mois à 6 mois. Le résultat le plus favorable : 48,95 % (Zaher 2015, 13 semaines) ; le moins favorable : 16,11 % (Meymandi 2024, 6 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 1 mesure sur 3 (non testé dans 2). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.
Score SALT d'étendue de la peladeLe score SALT (Severity of Alopecia Tool) mesure la part du cuir chevelu sans cheveux, de 0 (aucune plaque) à 100 (crâne entièrement dégarni). Le crâne est divisé en quatre zones, le dessus comptant pour 40 %, l'arrière pour 24 % et chaque côté pour 18 %, et l'on additionne la part dégarnie de chacune. Plus il est bas, moins la pelade est étendue : un score de 20 ou moins signifie qu'au moins 80 % du cuir chevelu est couvert. Mesuré en %, plus bas est mieux
3 mesures, essais différents
Zaher 2015Meymandi 2024
3,7086,753 mois7,056 moisZaher2015Meymandi2024
À 13 semainesZaher 2015Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %30 dans ce groupe · 6,705 à l'inclusion
3,708%
À 3 mois (12 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe · 8,3 à l'inclusion
6,75%
À 6 mois (24 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe · 8,3 à l'inclusion
7,05%
À retenir Mesuré 3 fois dans 2 essais, de 3 mois à 6 mois. Le résultat le plus favorable : 3,708 % (Zaher 2015, 13 semaines) ; le moins favorable : 7,05 % (Meymandi 2024, 6 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 0 mesure sur 3 (non testé dans 2). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.

Effets indésirables

2 critères

Proportion de patients ayant rapporté l'évènement pendant l'essai.

Sur le cuir chevelu

2

Au point d'application. Fréquents avec les solutions alcoolisées, rarement graves.

DémangeaisonsLe cuir chevelu démange. C'est l'effet le plus fréquent des solutions appliquées sur la tête, le plus souvent passager et sans gravité. Mesuré en %, plus bas est mieux, à 3 mois (12 semaines). prurit transitoire
Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
75% des patients
À retenir Une seule mesure : 75 % des patients chez hommes et femmes, pelade (Meymandi 2024, 3 mois), face à Laser CO2 fractionné toutes les 2 semaines + bimatoprost 0,03 % : l'écart peut être dû au hasard. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Rougeur du cuir cheveluPart des participants dont le cuir chevelu a rougi à l'endroit de l'application. Mesuré en %, plus bas est mieux. erytheme transitoire
2 mesures, essais différents
Zaher 2015Meymandi 2024
05Zaher2015Meymandi2024
À 13 semainesZaher 2015Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %30 participants
0% des patients
À 3 mois (12 semaines)Meymandi 2024Hommes et femmes, pelade
Bimatoprost topique 0,03 %20 dans ce groupe
5% des patients
À retenir Mesuré 2 fois dans 2 essais, de 3 mois à 13 semaines. Le résultat le plus favorable : 0 % des patients (Zaher 2015, 13 semaines) ; le moins favorable : 5 % des patients (Meymandi 2024, 3 mois). Face à leur groupe de comparaison, l'écart est probablement réel dans 0 mesure sur 2 (non testé dans 1). Chaque essai a ses patients et sa durée : un écart entre essais ne mesure pas une différence de traitement.

FAQ

4 questions

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Après une repousse sous bimatoprost, la pelade revient-elle ?
Preuves très faiblesConcordance non évaluable2 essais, 50 participants

Les rechutes sont peu nombreuses et mal estimées : 1 patient sur 25 sous bimatoprost contre 2 sur 17 sous mométasone (Zaher 2015), et 30 % des plaques sous bimatoprost seul contre 25 % avec un laser CO2 fractionné associé, à 24 semaines (Meymandi 2024).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, mais l'un à risque de biais élevé, et chacun compare le bimatoprost à un traitement différent. Dégradé de trois niveaux : risque de biais, et imprécision très forte (1 à 6 rechutes par bras). La concordance n'est pas évaluable faute de comparateur commun.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Adultes atteints de pelade en plaques du cuir chevelu. Suivi de six mois.

Le bimatoprost en lotion fait-il repousser les plaques de pelade ?
Preuves faiblesConcordance non évaluable2 essais, 50 participants

Le bimatoprost 0,03 % fait repousser 48,95 % de la surface atteinte en 13 semaines, contre 22,4 % sous mométasone (Zaher 2015). Dans un autre essai, il fait repousser 21,16 % de la plaque en 12 semaines, contre 46,43 % quand on y associe un laser CO2 fractionné (Meymandi 2024).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, l'un à risque de biais élevé, l'autre à demi-plaques, avec des comparateurs différents. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision (20 à 30 patients). Le bimatoprost fait mieux que la mométasone dans le premier, moins bien que son association au laser dans le second : la concordance n'est pas évaluable.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Adultes de 19 à 48 ans, pelade en plaques. Suivi de 12 à 24 semaines. Aucune comparaison au placebo.

Sous bimatoprost, l'étendue de la pelade (score SALT) diminue-t-elle ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 50 participants

Le score SALT baisse sous bimatoprost 0,03 % : de 6,705 à 3,708 en 13 semaines, contre de 6,601 à 4,325 sous mométasone, sans différence significative (Zaher 2015) ; de 8,3 à 6,75 en 12 semaines puis 7,05 à 24 semaines, contre 4,7 et 4,9 avec un laser CO2 associé (Meymandi 2024).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, l'un à risque de biais élevé, l'autre à demi-plaques, sans placebo. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision. Dans les deux, le score baisse sous bimatoprost, sans faire mieux que le comparateur.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Adultes atteints de pelade en plaques peu étendue. Suivi de 12 à 24 semaines.

Le bimatoprost en lotion provoque-t-il des rougeurs ?
Preuves faiblesRésultats concordants2 essais, 50 participants

Les rougeurs sont rares sous bimatoprost 0,03 % : aucun cas, contre 7 sous mométasone (Zaher 2015), et 1 patient sur 20, contre 2 sur 20 avec un laser CO2 associé (Meymandi 2024).

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : deux essais randomisés, l'un à risque de biais élevé, avec des comparateurs actifs. Dégradé de deux niveaux, pour risque de biais et imprécision.

Niveau abaissé pour : risque de biais, imprécision.

Adultes atteints de pelade en plaques. Suivi de trois mois.

Qualité des études mobilisées2 essais

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Meymandi 2024 · Journal of Cosmetic Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 20 participants

PubMedDOI 10.1111/jocd.16209

Réserves méthodologiquesHommes et femmes, pelade

Protocole correct, mais quelques points affaiblissent la confiance.

Le détail méthodologique

Essai randomise INTRA-PATIENT : chaque patient porte ses deux traitements, une plaque par bras, tiree au sort. C'est un bon plan pour la pelade, ou l'evolution spontanee varie enormement d'un patient a l'autre. 20 patients, aucune sortie, 12 semaines de traitement et 3 mois de suivi. INVERSION DANS LE TABLEAU 2 : la ligne « pourcentage de repousse » place 46,43 % sous la colonne bimatoprost seul et 21,16 % sous l'association, alors que le texte, le resume et les scores SALT du meme tableau disent l'inverse. Les SALT tranchent : 8,3 vers 4,7 sous association, soit 43 % de baisse, contre 8,3 vers 6,75 sous bimatoprost seul. C'est la ligne du tableau qui est inversee ; les claims suivent le texte. PAS D'INSU : le laser est un geste visible et douloureux, ni le patient ni l'evaluateur ne peuvent ignorer quelle plaque l'a recu, et l'article ne mentionne pas d'evaluateur aveugle. SIGNIFICATIVITE NON ENREGISTREE : l'article la note partout « 0.000 », ce qui veut dire tres significatif sans la chiffrer. Le sens des differences est porte par la direction des claims. Les deux plaques d'un meme patient ne sont pas independantes : une pelade qui s'ameliore globalement ameliore les deux. La recidive, 25 % contre 30 %, ne differe pas. Le prurit est frequent, 75 % sous bimatoprost seul. Aucun financement, aucun conflit declare.

Financé par Aucun financement.

Zaher 2015 · Dermatology
Essai randomisé contrôlé, 30 participants

PubMedDOI 10.1159/000371416

Fiabilité limitéeHommes et femmes 19 à 48 ans, peladeHommes et femmes 19 à 48 ans, pelade

Des faiblesses importantes, à interpréter avec prudence.

Le détail méthodologique

Essai randomise en demi-patient : deux plaques de pelade par patient tirees au sort entre bimatoprost 0,03 % deux fois par jour et mometasone 0,1 % une fois par jour, 30 patients, 3 mois, suivi 3 mois. Evaluation par trois medecins en aveugle sur photographies. Repondeurs 83,3 % contre 56,7 % ; repousse plus importante chez les repondeurs sous bimatoprost (49 % contre 22 %), mais SALT final sans difference. Plaques petites (SALT moyen 7,6 %) d'une pelade recente, ou la repousse spontanee est frequente, et les deux plaques d'un meme patient ne sont pas independantes. Effets indesirables rapportes aux 17 repondeurs du cote corticoide.

Populations étudiées3 populations

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade

Adultes de 19 a 48 ans (18 hommes, 12 femmes), pelade en plaques (SALT S1), deux plaques par patient tirees au sort

Dermatology 2015, 3 indicateurs

Hommes et femmes 19 à 48 ans, pelade

Adultes de 19 a 48 ans (18 hommes, 12 femmes), pelade en plaques (SALT S1), deux plaques par patient tirees au sort ; plaques repondeuses

Dermatology 2015, 2 indicateurs

Hommes et femmes, pelade

Adultes, pelade en plaques du cuir chevelu, deux plaques comparees chez le meme patient

Journal of Cosmetic Dermatology 2024, 8 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.