Finastéride + minoxidil topique, voies confondues

Rapport sur ce traitement. Tous les critères mesurés, et la source derrière chaque chiffre.

En bref

Une méta-analyse regroupant cinq essais chez 456 hommes atteints d'alopécie androgénétique (Chen 2020) conclut, avec un niveau de preuve faible, que l'association finastéride et minoxidil topique fait mieux que le finastéride seul : les chances d'une amélioration nette sont multipliées par 2,6 (intervalle de confiance de 1,5 à 4,5). L'ampleur exacte de ce bénéfice reste imprécise, car seuls deux de ces essais comparent l'association au finastéride seul et trois utilisent un finastéride topique.

Efficacité et résultats

3 critères

Ce que le traitement fait pousser, mesuré par rapport à l'inclusion.

Ce qu'en disent médecins et patients

2

Des appréciations, sur photos ou de mémoire. Plus subjectives qu'un comptage, mais plus proches de ce qui se voit.

Note d'évolution sur photosNote d'évolution donnée par des évaluateurs qui comparent les photos d'avant et d'après le traitement. Plus elle est haute, plus la chevelure s'est améliorée. Mesuré en points, plus haut est mieux
Hommes
Finastéride + minoxidil topique, voies confondues456 participants
0,97points
À retenir Une seule mesure : 0,97 points chez hommes (Chen 2020), face à Minoxidil topique, concentrations confondues : l'écart est très probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.
Patients nettement améliorésPart des patients jugés nettement améliorés, le plus haut niveau des échelles d'appréciation utilisées dans les essais. Mesuré en rapport de cotes, plus haut est mieux
Hommes
Finastéride + minoxidil topique, voies confondues456 participants
5,01rapport de cotes
À retenir Une seule mesure : 5,01 rapport de cotes chez hommes (Chen 2020), face à Minoxidil topique, concentrations confondues : l'écart est très probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

Combien s'améliorent, stagnent ou reculent

1

La répartition des participants entre ceux qui vont mieux, ceux qui ne bougent pas et ceux qui perdent du terrain.

Patients sans amélioration, ou aggravésPart des patients dont la chevelure ne s'améliore pas ou s'aggrave pendant l'essai. Plus elle est basse, mieux c'est. Mesuré en rapport de cotes, plus bas est mieux
Hommes
Finastéride + minoxidil topique, voies confondues456 participants
0,09rapport de cotes
À retenir Une seule mesure : 0,09 rapport de cotes chez hommes (Chen 2020), face à Minoxidil topique, concentrations confondues : l'écart est très probablement réel. Un résultat isolé, à confirmer par d'autres essais.

FAQ

1 question

Les questions que l'on se pose sur ce traitement. Chaque réponse s'appuie sur les chiffres présentés plus haut.

Ajouter du minoxidil topique au finastéride apporte-t-il un bénéfice réel par rapport au finastéride seul, et de combien augmente la probabilité d'une amélioration nette ?
Preuves faiblesConcordance non évaluable2 essais, 372 participantsregroupés par méta-analyse

Ajouter du minoxidil topique au finastéride multiplie par 2,6 les chances d'obtenir une amélioration nette, par rapport au finastéride seul, avec un intervalle de confiance de 1,5 à 4,5. Le bénéfice de l'association est donc réel. Son ampleur exacte pour un finastéride oral à 1 mg reste en revanche imprécise : seuls deux des cinq essais poolés comparent l'association au finastéride seul, et trois sur cinq utilisent un finastéride topique, qui n'est pas la forme habituellement prescrite.

Pourquoi ce niveau de preuve : Point de départ élevé : une méta-analyse PRISMA d'essais randomisés, avec évaluation du risque de biais par deux auteurs indépendants. Dégradé de deux niveaux. Risque de biais : aucun des cinq essais poolés ne décrit de dissimulation de l'allocation, un seul est en double aveugle, et les scores de Jadad descendent à 2. Caractère indirect : les essais poolés ne testent pas le même traitement, trois sur cinq utilisant un finastéride topique à 0,1 ou 0,25 % alors que la prescription courante est orale, et seuls deux essais comparent l'association au finastéride seul. Non dégradé pour imprécision, l'intervalle de confiance excluant nettement l'absence d'effet. La concordance entre essais n'est pas évaluable ici : les statistiques d'hétérogénéité de l'article vivent dans ses forest plots, que l'extraction du PDF ne restitue pas. Enfin, Hu 2015 figure dans ce corpus et répond à la même question, mais elle est poolée par cette méta-analyse : elle n'est volontairement pas citée ici, pour ne pas compter deux fois les mêmes patients.

Niveau abaissé pour : risque de biais, caractère indirect.

Les essais poolés portent sur des hommes atteints d'alopécie androgénétique, suivis de 6 à 12 mois. Les concentrations de minoxidil vont de 2 à 5 %, et le finastéride est tantôt oral à 1 mg, tantôt topique à 0,1 ou 0,25 %. Aucune donnée au-delà de 12 mois, aucune sur ce qui se passe à l'arrêt, et aucune chez la femme.

Qualité des études mobilisées1 essai

Tout ce qui suit repose sur ces essais. Leur fiabilité conditionne la confiance à accorder à chaque chiffre.

Chen 2020 · Aesthetic Plastic Surgery
Méta-analyse, 456 participants

DOI 10.1007/s00266-020-01621-5

Réserves méthodologiquesHommes

Protocole correct, mais quelques points affaiblissent la confiance.

Le détail méthodologique

Méta-analyse conduite selon PRISMA, recherche sur Embase, PubMed et la Cochrane Library, évaluation du risque de biais par deux auteurs indépendants selon le manuel Cochrane. Cinq essais randomisés, 640 patients. Quatre réserves importantes. Les essais poolés ne testent pas le même traitement : trois utilisent du finastéride topique à 0,1 ou 0,25 %, deux du finastéride oral à 1 mg, et les concentrations de minoxidil vont de 2 à 5 %. La qualité des essais inclus est inégale, les scores de Jadad allant de 2 à 6, et seuls trois sur cinq dépassent 3 points. Aucun des essais ne décrit de dissimulation de l'allocation, et un seul est en double aveugle. Enfin le nombre d'essais est trop faible pour évaluer le biais de publication, ce que les auteurs reconnaissent.

Populations étudiées1 population

Chaque indicateur porte l'étiquette de la population dans laquelle il a été mesuré. Un résultat obtenu chez l'un ne vaut pas automatiquement pour l'autre.

Hommes

hommes atteints d'alopécie androgénétique, 5 essais poolés

Aesthetic Plastic Surgery 2020, 6 indicateurs

Comprendre les termes employés

Les quelques mots de méthode qu'il n'est pas possible d'éviter sans perdre en précision.

Essai randomisé contrôlé
Les participants sont répartis au hasard entre le traitement testé et un comparateur. Le tirage au sort évite que les deux groupes diffèrent au départ, ce qui en fait le type d'étude le plus fiable sur une question de traitement.
Double aveugle
Ni le patient ni le médecin ne savent qui reçoit quoi. Cela compte surtout pour les symptômes déclarés par le patient : savoir que l'on prend un traitement suffit à modifier ce que l'on rapporte.
Placebo
Un traitement sans principe actif, d'apparence identique. Il sert de point de référence : une partie de l'amélioration observée sous traitement se produit aussi sans lui.
Écart réel ou dû au hasard
Une étude mesure un échantillon, pas toute la population : un écart entre deux groupes peut venir du seul hasard du tirage. Les auteurs le testent par un calcul statistique. « Très probablement réel » : le hasard l'explique très difficilement. « Probablement réel » : le hasard l'explique difficilement. « Peut être dû au hasard » : le calcul ne permet pas d'écarter le hasard, ce qui ne prouve pas pour autant que les deux traitements se valent.
Participants
Le nombre de personnes dans le groupe concerné. Un résultat obtenu sur quinze personnes est bien plus incertain que le même résultat sur trois cents.
Comparaison directe ou indirecte
Directe : les deux traitements ont été comparés dans le même essai, avec le même protocole. Indirecte : les chiffres viennent d'essais différents, sur des patients différents, et l'écart ne peut pas être lu comme une mesure.